Poèmes et récits

 

Comment devient-on écrivain ou poète?

Un de mes amis disait que c’était en se piquant avec son porte-plume et en ne soignant pas l’infection… Apparemment, cet accident m’est arrivé très tôt, car j’ai retrouvé dans mes vieux papiers une petite histoire de chevalerie – illustrée! – que j’ai du pondre alors que j’avais 7 ou 8 ans! C’était aussi l’époque où je commençais à dévorer les « livres sans images » de la bibliothèque paroissiale St Antoine à Etterbeek.  Mes emprunts y sont assez rapidement passés de 2 à 12 livres/semaine, et elle ne suffit bientôt plus à satisfaire ma fringale. J’avais aussi une fâcheuse tendance à m’étaler dans mes travaux scolaires type rédaction ou dissertation, mais je dois dire que mes professeurs m’ont toujours soutenu, voire même encouragé.

Je devais avoir environ treize-quatorze ans quand la poésie m’affecta. J’avais déjà lu beaucoup de poèmes dans mes razzias sur la bibliothèque et, si mes parents contrôlaient mon type de lecture, ils ne s’embarrassaient pas de « l’index ». J’ai donc pu me repaître de Victor Hugo et autres romantiques « pas très catholiques ». J’aimais les formes classiques, mais pas trop les alexandrins. Ma première « œuvre » s’intitulait « La Nuit du Cygne ». Eh oui! Écrire des poèmes nécessite de noter aussi vite que possible l’inspiration du moment, ce qui n’est ps toujours aisé quand on est en classe. Les condisciples sont curieux, parfois même malveillants. Il faut donc protéger ses vers naissants de leurs regards scrutateurs. Mais comment? Je traversais à l’époque une « crise » de l’écriture. Mon graphisme était pour le moins peu clair et je recevais souvent de mauvaises notes dues à des erreurs de lecture. J’ai donc décidé de changer mon écriture et d’adopter la « bâtarde », héritée des XVIIème et XVIIIème siècle. Cette recherche d’une « nouvelle écriture » m’avait conduit à découvrir incidemment les cursives utilisées par de nombreuses civilisation au travers du monde et du temps. J’en ai d’ailleurs dressé un tableau avec l’aide d’un dictionnaire Larousse 1904 en 7 volumes qui les contenait presque toutes au fil de ses pages. Je me suis donc constitué un alphabet personnel, mélangeant allègrement gothique cursive allemande, cursive russe et autres, avec une règle d’alternance de lettres pour éviter le déchiffrement par répétition. Beaucoup de mes originaux sont établis dans cette écriture, et je souhaite bien du plaisir à ceux qui les découvriront…!

Si j’ai persisté malgré tout dans la voie littéraire, je le dois surtout à deux personnes: mon professeur de littérature Philippe Lambert, lui-même poète, et un ami de la famille, Joseph Plas. Le premier, auquel j’ai soumis mes premiers essais, m’a prodigué conseils et encouragements. Le second m’a fait connaître et introduit aux « Jeunesses Littéraires de Belgique ». Ce mouvement, fondé par Raymond Quinot en 1944, n’était pas, comme pour la musique les Jeunesses Musicales, destiné à faire connaître la littérature aux jeunes, mais à rassembler les jeunes auteurs ou candidats-auteurs, pour reconstituer un monde littéraire belge, sévèrement élagué par les purges de l’après-guerre. Je n’étais alors qu’un gamin, à 14 ans, mais je fus accepté par mes aînés, et même admis à participer aux séances du Comité, alors présidé par Roland Busselen. J’ai rencontré là la crème de la littérature belge de l’époque: Maurice Carême, Raymond Deschamps, Remo Pozzetti… et bien d’autres, que je n’eus pas l’intelligence d’écouter ou de fréquenter davantage.

Je n’ai pas très bien connu Joseph Plas. C’était surtout un ami de mes parents, qu’ils avaient rencontré en 1946, alors que nous venions d’emménager dans une grande maison, au 22 de l’avenue des Chênes à Uccle. Il avait à l’époque 18 ans, cherchait un « kot » pour se loger et, comme beaucoup de jeunes hommes « libérés » de la guerre, du travail. Mes parents lui louèrent une chambre du haut. Il était très calme, toujours prêt à rendre service, et il fut bientôt adopté dans la famille. Entretemps il avait trouvé un emploi chez « Panos », un producteur de papier à cigarettes, où il connut une ascension très rapide. Il put bientôt voler de ses propres ailes et quitta la maison, tout en revenant régulièrement prendre de nos nouvelles. Il connut aussi une destinée en dents de scie, avec des hauts et des bas, mais il rebondissait toujours très rapidement dans des activités parfois très différentes.  Au dernières nouvelles que nous eûmes de lui, avant le décès de mes parents (1978-79), il travaillait dans une carrosserie à Auderghem et venait de s’acheter une maison à la chaussée de Vleurgat, plus ou moins en face d’où se trouve aujourd’hui l’ambassade de l’Inde. J’ai oublié le numéro, et mes propres aventures ont sans doute provoqué la perte de contact. Est-il encore en vie? Il devrait avoir dans les 80 ans à présent! En tout cas, je n’ai pas oublié son aide à cette époque, et je l’en remercie encore.

Aux JLB mon rôle consistait le plus souvent à donner un coup de main pour les petits travaux du secrétariat ou la préparation des activités. Cela me rapprocha de Remo Pozzetti, qui se dévouait à ces tâches. Le Président, Roland Busselen, était un homme très intelligent, mais aussi très autoritaire et manquant un peu de psychologie. Il connaissait un très rapide succès professionnel dans la publicité, ce qui n’améliorait sans doute pas ce côté de son caractère. L’opposition couvait parmi les membres, et l’échec d’une relance de la revue « La Jeune Belgique » (revue littéraire qui existait à la Belle Epoque), précipita les choses. Guy Fenaux, qui cornaquait les opposants, se présenta à l’A.G. avec un paquet de procurations de membres que nous n’avions jamais vus, et obtint ainsi une majorité pour débarquer le Président et se faire élire à sa place. Si  je faisais moi aussi partie des opposants, cette manœuvre me paru déloyale et, du coup, j’ai voté « conservateur ».  Après cela je n’avais plus le goût de participer à cette association – qui disparaîtra bientôt  faute de collaborations – et je poursuivis mon chemin tout seul. Ou presque. Car pour mes 16 ans j’avais – enfin! – été publié, dans « Les Cahiers de la Chaumière » de Geneviève Grand’Ry. Mais qu’est-ce que j’écrivais à l’époque? Des vers, bien sûr, mais aussi des chansons « comiques », ni très intelligentes, ni très réussies, que personne ne s’est donné la peine de mettre en musique… Jugez-en!

Chant des Grattes-Papiers

Refrain

Nous sommes les Grattes-Papiers,
Les combattants du plumier,
Nos cuirasses sont les classeurs,
Le cessez-le-feu sonne à six heure!

I

Les beaux combats à la belote
Pendant que notre chef boulote!
La secrétaire aime flirter:/
C’est là notre spécialité,
Car en ronds-de-cuir exemplaires
Nous travaillons à ne rien faire.

II

Voilà le patron qui rapplique!
Vivement que chacun s’applique.
Il est passé sans s’arrêter,
Sans voir la blancheur du papier…
A peine a-t-il fermé la porte
Qu’on en fait vite des cocottes!

III

Quand sonne l’heure de la sortie
C’est pis qu’une charge de cavalerie!
Le patron s’est bien enfermé
Pour ne pas être piétiné.
Enfin la journée est finie:
C’est éreintant la rêverie!

Dois-je préciser que, depuis cette époque, je n’ai guère changé d’idées quant au « travail » de certains fonctionnaires? Dans un autre registre, il y a aussi la chanson « épique »:

Chant des Chevaliers de la Mort

Refrain

Tuons, étripons, écervelons:
Clouons des têtes à nos murailles!
Tuons, étripons, écervelons,
Jamais notre épée ne défaille!

I

Il n’est sur Terre rien qui nous vaille
Ni en courage, ni en vertu,
Ni en façon de faire ripaille,
Ni en manière d’être vêtu!

II

Notre devise est fière et noble:
Elle est de vaincre ou de mourir!
Pour nous la fuite est chose ignoble!
Avoir nom « lâche », plutôt périr!

III

L’un combat au nom de sa dame,
L’autre pour Dieu, l’autre pour lui,
Mais de nos coeurs et de nos âmes
Le même chant sauvage s’enfuit:

IV

Un jour la Mort cette ingénue
Viendra pour nous offrir sa main.
Avant que son amour ne nous tue
Essayons d’oublier Demain.

Comme la plupart des jeunes, j’étais tenté par les situations extrêmes et, ayant découvert à cette époque dans la bibliothèque paroissiale – où mon père et moi empruntions une bonne douzaine de livres par semaine – un « trésor » de littérature du moyen-âge,  je me suis délecté des romans de Chrestien de Troyes et autres contemporains.  Non, je n’étais pas du tout ce qu’on pouvait considérer comme « un jeune homme moderne »… Cependant, en 1960, j’étais philosophiquement très à gauche, sauf que je ne pouvais m’identifier avec le module socialo-communiste qui m’était – déjà – très antipathique! Ce n’était cependant pas faute, pour certains de mes amis, d’avoir essayé de m’entraîner dans cette mouvance! En janvier de cette année, j’ai pourtant « pondu » un pastiche de la Ballade des Pendus de François Villon, un homme qui, lui, me paraissait très sensé.

Ballade aux Fourches Patibulaires

Frères humains qui pendez dessus nous,
Et dont le vent fait craquer les genoux,
N’espérez point de pitié de vos frères
Qui savent le motif de vos misères!
Aussi priez pour que Dieu, de vos âmes,
N’aie point une vision trop infâme,
Car c’est au Ciel que l’on goûte au repos
Dont sont exclus Satan et ses suppôts.

Frères humains qui pendez dessus nous,
Vous qui fûtes bien plus bêtes que nous,
N’espérez point miséricorde entière,
Car vos péchés souillent toute la Terre.
S’il advint que pour vous larmes versâmes
Ce ne fut certes point par bonté d’âmes,
Mais, las, de voir perdre tous ces bons rôts
Que vous gardiez en vos ventres d’escrocs.

Frères humains qui pendez dessus nous,
Vous n’empocherez plus le moindre sous,
Car les corbeaux ces lèvres dévorèrent
Qui prononçaient sur nous sentences amères,
Et les rapaces que l’hiver affame
Ont lacéré vos peaux douces de femmes.
Vous ne goûterez plus à vin ni tripôt:
Aux quatre vents se balancent vos os!

Princes humains, couronnes aléatoires,
Si vous voulez vous attacher Victoire,
Pendez donc ceux qui volent, mentent, trichent:
Servez aux fourches un plat garni de riches!

03.01.1960

Cette année fut particulièrement peu chanceuse, et j’ai vu partir des amis, dont je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Pourtant « on » avait promis de m’écrire…

Chant de Scalde

J’ai vu ton navire
Lever l’ancre au jour.
J’ai su te sourire
Débordant d’amour.
Mais quand à l’horizon
Ta voile eut disparu
Un glacial frisson
Mon cœur a parcouru.
J’entends les vagues vertes
Tonner sur les rochers,
La mer reste déserte,
Mon cœur m’est arraché!
Déjà le fjord s’emplit
Des brumes de l’hiver,
La neige de ses plis
Recouvre les champs verts.
En haut de la falaise
Je reste tout le jour
Où les vents se complaisent
Pour guetter ton retour.
Je les supplie en vain
De t’être favorables:
Je vois chaque matin
Des espars sur le sable…
Mais je garde l’espoir,
Malgré vents et tempêtes,
De voir poindre un beau soir
Sur l’horizon en fête
Que l’hiver rend blafard,
La voile que j’attends,
La voile du drakkar
Ramenant mon printemps!

06.11.1960

Oui, bien sûr, la rime n’est pas fameuse, mais à l’époque je faisais avec ce que j’avais…

 

Les « golden sixties »…

Mais, ayant quitté les JLB – ou plutôt ayant été en fait délaissé par elles – avais-je abandonné toute activité « littéraire » autre que l’écriture de quelques poèmes plutôt noirs?

Anita Nardon (à g.) et Remo Pozzetti (à dr.) lors de la remise d'un prix de poësie...

Anita Nardon (à g.) et Remo Pozzetti (assis à dr.) lors de la remise d’un prix de poësie…

Eh bien non! Remo Pozzetti avait alors fondé son « Phalanstère de la Poésie » et bientôt sa revue littéraire, format poche, « Signor Si ». Il y avait aussi d’autres revues à l’époque, comme « Le Panier de l’Aspic » d’Anita Nardon. Je naviguais un peu entre ces groupes, mais je dois bien avouer que je n’étais pas du genre « sympa » – je ne le suis toujours pas – et que j’étais davantage toléré qu’apprécié. Et puis un jour Remo Pozzetti me présenta à G.-Hélène van Hove. Cette dame, ex-résistante, invalide de guerre, dirigeait la revue littéraire et culturelle « Scarabée »

Raymond Deschamps, un autre de ces poëtes délicats de l'époque..

Raymond Deschamps, un autre de ces poëtes délicats de l’époque..

et venait de fonder – avec l’appui de Robert Schuman – le « Centre Européen de Diffusion de la Culture ». Nous avons constitué, pour l’aider, un « Comité d’Action » lequel, sous sa direction, se lancera dans l’organisation d’événements de grand style: gala de cinéma à La Monnaie (incroyable mais vrai), première de théâtre à l’Hôtel de Ville… Il fallait préparer les invitations, les envoyer, enregistrer les acceptations, réserver les places… Comme j’étais le plus « libre » de la bande, beaucoup de ces travaux me furent attribués et j’en vins à passer deux à trois matinées ou après-midis par semaine avec la Présidente pour les assumer. Je fus gratifié du titre de « Secrétaire du Comité d’Action », ce qui était évidemment valorisant pour un jeune encore mineur (à cette époque on n’était majeur qu’à 21 ans).

G-H. van Hove était une femme remarquable. Active dans la Résistance, elle fut finalement arrêtée pour interrogatoire par des gestapistes belges. Un interrogatoire plutôt « musclé » qui la laissera handicapée et incapable de se déplacer sans canne. Lors de la Libération, des amis l’ayant incitée à introduire une demande d’indemnités, elle fut « interviewée » par un de ces officiers « naphtalines » (on appelait ainsi ceux qui avaient conservé leur uniforme dans leur garde-robe durant la guerre, c.à.d. qui n’avaient RIEN fait…) qui lui demanda « si elle avait des témoins qui l’avaient vue sortir du Palais de Justice quand elle fut relâchée ». Elle lui répondit qu’évidemment elle avait convoqué la Presse, ce sur quoi elle quitta la pièce en claquant la porte!  Inutile de dire que son caractère n’avait pas changé, et que quand elle voulait quelque chose, elle mettait toute son énergie à l’obtenir. Elle savait faire face à toutes les difficultés sans broncher. La seule fois où je l’ai vue abattue, ce fut quand elle me montra un numéro du « Soir », avec sur une page la photo d’un individu qui venait d’être nommé directeur de la Police judiciaire, et qu’elle me dit, effondrée: « Regardez! C’est ce type qui m’a interrogée pour la Gestapo! C’est honteux! ». Elle avait un nombre incalculable d’amis, dans tous les milieux et à tous les niveaux, et les galas du CEDC rassemblaient toujours une élite. Et puis l’Europe, c’était « nouveau » et « à la mode »…!

A l’heure de ma majorité…

Les années vont passer et Mlle van Hove va me confier aussi la rédaction des compte-rendus des activités du CEDC dans sa revue « Scarabée ». Elle en fut très satisfaite et patronna ma demande d’affiliation à l’A.J.P.B.E., laquelle devint effective en novembre 1965. Cette année de ma majorité vit aussi ma nomination au Conseil d’Administration en tant que Secrétaire Général-Adjoint. Entretemps j’avais quand même continué à écrire, et je m’étais lancé dans la prose. Je n’avais pas la patience de créer un roman, aussi me suis-je plutôt intéressé à écrire des nouvelles. Quand l’une d’entre elle – « Fortune de Mer » – fut acceptée et publiée – en 1962 – dans « Le Phare Dimanche », l’hebdo dirigé par Raoul Crabbé, je fus fou de joie. Non seulement j’étais publié dans une revue de référence, mais je touchais aussi mes premiers droits d’auteur! Et c’est ainsi que tout a commencé…

Ma première Carte de Presse!

Mais,je n’ai pas l’intention d’écrire mes mémoires – en tout cas pas maintenant – et je vous en ai déjà indirectement imposé une partie! Pas trop longue, heureusement! Il me semblait intéressant de vous expliquer comment tout « cela » avait commencé…

Je vous propose donc de revenir au but premier de cette page, et à la fin des années ’60, quand j’ai publié quatre plaquettes de poèmes, aujourd’hui épuisées: « Sept Gouttes de Pluie », « Lux Aurorae », « Sept Gouttes de Sang » et « Voyages ». A cette époque j’étais devenu vraiment très classique, ayant découvert Charles d’Orléans et succombé au charme de ses délicats « Rondels »…

Mon premier recueil fut une édition très modeste, imprimée « avec les moyens du bord ». Les prix que j’avais obtenus de différents imprimeurs étant tous au-dessus de mes moyens financiers, je m’étais résolu à le réaliser moi-même. J’avais à l’époque une petite affaire de services administratifs, et je possédais un duplicateur. C’est sur cette machine « Rex-Rotary D-280 » que j’ai réalisé le tirage. La couverture n’était certes pas très belle, car dessinée au stylet. Mais bon… il faut faire avec ce que l’on a! Et de toute façon, cette édition était destinée à « tester » les réactions, non à une action commerciale. Elle ne fut tirée qu’à quarante-quatre exemplaires, numérotés et signés.

Sept Gouttes de Pluie

1 Rondel

La Mort est une fleur
Que l’on cueille au passage,
Une fleur de bonheur
Que goûte l’homme sage.

Il ne faut point en pleurs
Écouter son message :
La Mort est une fleur
Que l’on cueille au passage.

Et, chassant toute peur,
Comme vent le nuage,
Il faut ouvrir son cœur
Et la prendre en partage :
La Mort est une fleur

2 Complainte

Où es-tu Mouette
De mes clairs matins ?
Où es-tu Mouette
De mes lendemains ?
Où est mon amie
Des jours les plus noirs,
Symbole de vie
En mes désespoirs ?

Volutes de cendre
Des nuages lourds,
Quand donc va descendre
De votre velours,
La Mouette grise
Aux reflets d’argent,
La Mouette grise
De mes firmaments ?

Quand la nuit violette
Chassera le jour,
Ma douce Mouette,
Mon oiseau d’amour,
Je voudrais te voir
Descendre des cieux,
Étoile d’un soir,
Astre radieux.

Sans toi ma Mouette,
Gracieuse amie,
Je perdrai la tête
Sur l’onde infinie.

3 Rondel

Ne pleure pas, ne pleure pas,
Ton bel amour un jour viendra
Prendre ton col en ses bras blancs
Avec un sourire d’enfant.

Et devant ce trésor charmant
Ton cœur cèdera doucement :
Ne pleure pas, ne pleure pas,
Ton bel amour un jour viendra.

Un clair soleil rejaillira
Dans ton cœur, où la nuit mourra,
Jamais amour ne meurt vraiment,
Malgré la Haine et le Tourment,
Ne pleure pas, ne pleure pas.

4 Sonnet

Au Zéphyr de Nuit
Le navire glisse
Sur l’Océan lisse ;
Un nuage suit.

Vaisseau noir des rêves,
Sur le noir du ciel,
Vogue sur le fiel
De nos vies brèves.

Et les vagues égouttent
Les embruns des doutes
Sur les bris du cœur.

Tu restes immuable,
Nef inoubliable,
Espoir de bonheur.

5 Rondel

Tu m’es apparue
Au sein du malheur,
Serrant une fleur
Dans ta main menue.

Est morte ma peur
Depuis ta venue :
Tu m’es apparue
Au sein du malheur.

Et pour mon bonheur
Mon âme vaincue,
Mon âme, éperdue,
S’enchaîne à ton cœur :
Tu m’es apparue !

6 Chanson

Joie aux cent mille visages,
Génératrice d’oubli,
Tu te tiens sur le passage
Des caravanes d’ennui.
Trop de clameurs, trop de délire,
Quand tu es au bout du chemin :
Mieux vaut t’attendre sans rien dire
Et te prendre par la main.

Joie des pauvres, joie des sages,
Joie qui éclaire la nuit,
Qui apporte le message
D’un amour jamais trahi.
Qui se manifeste en le rire
De tous les gosses, des gamins,
Qui chasse du malheur le pire
Et des pleurs le goût salin.

Joie de l’âme qui voyage
Dans l’éternel infini,
Qui voit de Dieu le visage
Sans que tout ne soit fini.
Joie qui amène le sourire
A ceux qui marchent au Destin,
A ceux dont le cœur soupire
Vers le Créateur Divin.

Allume un brasier immense
En nos cœurs encore enfants,
Et fait que Dieu en sa clémence
Nous délivre des tourments.

7 Rondel

Le ciel est lumineux
En mes visions de rêve,
Lumineux sont tes yeux
Rêveurs de fille d’Eve.

Le flot silencieux
Nous berce sur la grève :
Le ciel est lumineux
En mes visions de rêve.

Les songes radieux
Meurent avec la nuit brève,
Mais nous restons à deux
Quand le soleil se lève :
Le ciel est lumineux…

Cette publication « expérimentale » ayant reçu un très bon accueil des milieux et personnes concernés, j’ai entrepris de poursuivre mes publications. Un ami m’a recommandé un petit imprimeur, je lui ai soumis mon problème et il me fit une offre très intéressante: je lui donnais un « coup de main » pour l’impression et la reliure, et lui me « faisais un prix » très bas. J’ai bien évidemment accepté – d’autant que cela me permettait de découvrir de nouvelles techniques d’impression – et nous avons très rapidement sympathisé. C’était une famille très simple et très gentille. Il devait malheureusement décéder deux ans plus tard – crise cardiaque – pendant qu’il regardait un match à la TV. Mais il m’avait donné le goût de l’imprimerie, et j’ai dès lors pensé à m’équiper plus sérieusement après en avoir appris davantage. Mais cela, c’est une autre histoire!

« Sept Gouttes de Pluie » connaîtra une nouvelle édition l’année suivante (1967), additionnée d’un poème en liminaire, dédicacé « Au Colonel Jean Schramme, Combattant de la Liberté »… Jean Schramme, était à ce moment le cauchemar de notre gouvernement, et celui du Général Mobutu. Car ce n’était pas à proprement parler un « mercenaire », puisqu’il avait passé toute sa jeunesse au Congo où ses parents possédaient des biens au Maniéma. Il était d’ailleurs suivi par son « Bataillon Léopard », et de plusieurs milliers de Balubas et d’anciens gendarmes katangais. C’était surtout un idéaliste, rêvant d’un Congo où blancs et noirs pourraient vivre harmonieusement ensemble. A l’époque ce n’était pas irréaliste, car la rébellion mulleliste et les discours haineux des lumumbistes étaient davantage la conséquence des manœuvres sournoises de nos politicards  et syndicalistes en fin des années ’50, que d’une véritable haine populaire due aux actes de nos « coloniaux ». Pour ceux qui s’intéressent à cette époque, je leur recommande de lire le livre écrit par Jean Schramme après son retour en Belgique: « Le Bataillon Léopard » (Robert Laffont, 1969). Quant à moi, ce geste me marquera, dans les milieux de gauche, comme « réactionnaire » et, pour les autres politicards, comme « suspect ».

  • Dans le sang, la poussière,
  • Il marche fermement,
  • Combattant vaillamment,
  • Oubliant sa misère;
  • Il a fuit le tourment
  • D’une existence amère:
  • Dans le sang, la poussière,
  • Il marche fermement
  • Le Mercenaire.
  • A lui la Terre entière,
  • Car il vit librement,
  • Et, quand vient le moment,
  • Il meurt en solitaire
  • Dans le sang, la poussière,
  • Le Mercenaire.

Le « bon accueil » réservé à « Sept Gouttes de Pluie » va m’inciter à publier davantage. Cette année 1966 verra donc encore paraître « Lux Aurorae » et « Sept Gouttes de Sang ». Suite à mon déménagement, le premier n’est plus disponible temporairement, « perdu » dans mes caisses non encore ouvertes. Je peux cependant vous en livrer le contenu, « dans le désordre », à partir de mes originaux:

Lux Aurorae

Rondel

L’Espoir est une aube jolie
A sein du triste souvenir:
Il n’est de meilleur élixir
Quand nous ceint la mélancolie.

Son flux ressuscite plaisir
Et de nos chagrins nous délie:
L’Espoir est une aube jolie
Au sein du triste souvenir.

Avec Amour se concilie
Pour illuminer l’Avenir
Et notre cœur épanouir
En éblouissante folie:
L’Espoir est une aube jolie…

Rondel

L’Amour est un trésor
Que l’on trouve à l’Aurore,
Alors qu’il s’élabore
En gracieux essor.

Lors le jour se colore
Il n’est de meilleur for:
L’Amour est un trésor
Que l’on trouve à l’Aurore.

Déjà sonne le cor
Sous le ciel qui se dore.
Tes doux yeux que j’adore
Brillent en paillettes d’or:
L’Amour est un trésor!

Triolet

L’Aurore voit naître les Fleurs
Avec le Jour et la Vie,
En dépit des Morts et des pleurs
L’Aurore voit naître les Fleurs.
Rien ne séparera nos cœurs:
Tu es mon soleil m’amie,
L’Aurore voit naître les Fleurs
Avec le Jour et la Vie.

Vilanelle

Belle Rose ensorcelante
T’ai trouvé sur mon chemin,
De rosée scintillante.

Mon âme de joie s’enchante:
Je t’ai prise dans ma main
Belle Rose ensorcelante.

Des perles paraient ta mante,
Faite du plus doux satin,
De rosée scintillante.

D’une claire flamme ardente
Me prit en un tournemain
Belle Rose ensorcelante.

Depuis mon cœur d’amour chante
Cette Rose du matin
De rosée scintillante.

Je ne craindrai plus tourmente
Si partage mon Destin
Belle Rose ensorcelante
De rosée scintillante.

Pantoum

Il est loin le pays que je pourrais aimer,
Une terre d’amour, de foi et de rêve!
J’errais sur les chemins de la Nuit, affamé,
N’ayant plus à la main qu’un tronçon de glaive.

Une terre d’amour, de foi et de rêve:
Existe-t-elle encore aux confins du Passé?
N’ayant plus à la main qu’un tronçon de glaive,
Je fuyais par de noirs souvenirs pourchassé.

Existe-t-elle encore aux confins du Passé,
En Présent de Haine et de Guerres sans trêve?
Je fuyais, par de noirs souvenirs pourchassé,
Quand tu m’es apparue en aurore brève.

En Présent de Haine et de Guerres sans trêve
Au sein de mon Amour je crois l’avoir trouvé
Quant tu m’es apparue en aurore brève
Tout l’espoir de mon cœur vers toi s’est élevé.

Au sein de mon Amour je crois l’avoir trouvé
Naissant dans les rais du Soleil qui se lève:
Tout l’espoir de mon cœur vers toi s’est élevé,
Ton Amour est plus fort et ma Nuit s’achève!

Rondel

Ce merveilleux Lys d’amour,
Diaphane comme un rêve,
Jaillit au bord de la drève
Menant au divin séjour.

C’est un soleil qui se lève,
L’aurore d’un nouveau jour,
Ce merveilleux Lys d’amour
Diaphane comme un rêve.

Sur le chemin sans retour
De cette minute brève
Il demeurera sans trêve
En mon cœur de troubadour,
Ce merveilleux Lys d’amour.

Rondel

Tes yeux de diamant
Brillent en aube légère
Et meurt la nuit amère
De mon cœur en tourment.

Ma vie enfin s’éclaire
D’un horizon charmant:
Tes yeux de diamant
Brillent en aube légère.

Toujours plus ardemment
Pouvoir t’aimer j’espère.
C’est ma seule prière:
Que soient mon firmament
Tes yeux de diamant…

Comme vous avez pu le constater, je me suis livré à quelques essais de formes poétiques inhabituelles et compliquées… Mais je resterai fidèle au rondel…

Le second, par contre, je peux vous le présenter avec le fac-similé de sa couverture:

Sept Gouttes de Sang

I

La Guerre est en notre vie
Pour nous mener à la Mort,
Avec pour seul réconfort
Que tout le monde y obvie…

Elle le fait sans effort,
Arborant mine ravie:
La Guerre est en notre vie
Pour nous mener à la Mort.

Sans susciter male envie
Un beau soir elle s’endort,
Nous livrant à notre sort
Pour que le vainqueur pavie,
La Guerre est en notre vie…

II

Adieu mon Amour,
Je pars pour la Guerre.
Attends, car j’espère
Te revoir un jour.

Je traîne à l’arrière,
Songeant au retour…
Adieu mon Amour,
Je pars pour la Guerre.

Hélas! A mon tour
Je mords la poussière
Et meurt ma lumière…
Roule le tambour:
Adieu mon Amour!

III

Le soleil rougit la plaine,
Agonisant lentement,
Le vent siffle méchamment
Sa languissante rengaine.

Au pied du retranchement
Se meurt notre charge vaine:
Le soleil rougit la plaine,
Agonisant lentement.

Te reverrais-je ma Reine?
Je songe à toi tristement:
Mon sang coule doucement
Sur mon cheval qui se traîne;
Le soleil rougit la plaine…

IV

Le Fifre et le Tambour
Ont entraîné la charge,
La route n’est pas large,
La Mort est au détour.

Quand à la solde émarge
Il faut mourir un jour…
Le Fifre et le Tambour
Ont entraîné la charge…

Prendre le carrefour
Ou périr: point de marge!
Tombés sous la décharge
Sont partis sans retour
Le Fifre et le Tambour.

V

Dans la poussière aride
Je glisse vers la Mort,
Sans aucun réconfort,
Sous un ciel impavide.

Le drapeau sur le fort
En me narguant se ride:
Dans la poussière aride
Je glisse vers la Mort.

Hélas, m’amour splendide,
Contraire m’est le sort:
Quand viendra le renfort
Je gésirai, livide,
Dans la poussière aride…

VI

Quand il revint de guerre
S’ouvrait la floraison:
Printemps, dans le gazon,
Étalait son parterre.

Au loin, sous l’horizon,
Se mourait le tonnerre.
Quand il revint de guerre
S’ouvrait la floraison.

Il ne restait pas pierre
Sur pierre en sa maison:
De sa femme, à foison,
Le sang teintait la terre
Quand il revint de guerre…

VII

Le Temps s’est écroulé
En ton esprit avide:
Sous ton front qui se ride
Il s’est amoncelé.

Comme un torrent rapide
Souvenir a coulé:
Le Temps s’est écroulé
En ton esprit avide.

Le sang s’est écoulé
De ton corps pâle et vide,
Bu par la Guerre aride
Qui t’aura tout volé:
Le Temps s’est écroulé…

Il ne faut pas se tromper à la lecture de ces poèmes: je n’ai jamais été antimilitariste ou objecteur de conscience. Je crois que, si l’on est agressé, il faut être à même moralement, matériellement et physiquement, de se défendre par tous les moyens. Mais la guerre doit absolument rester la solution extrême, quand plus aucune autre n’est possible. L’idéal serait que ces politiciens, qui entraînent un peu légèrement leurs citoyens dans des affres guerrières, descendent eux-même sur le terrain, affrontant directement les dirigeants opposants les armes à la main. Quand tout ce joli monde se serait massacré, peut-être les « civils » pourraient-ils trouver un moyen de conclure pacifiquement l’affaire à leur satisfaction mutuelle… On peut toujours rêver… en poésie!

L’an 1967 ne s’avéra pas très favorable! C’est celui où, revenant chez moi par l’avenue de la Couronne, j’ai reçu sur le crâne une volige tombée d’un toit en réfection.  Commotion cérébrale, discussion avec les assurances (A.G.) du responsable… J’ai  cependant pu faire des photos du dramatique incendie de l’Innovation (avec un vieux « box » Kodak), ce qui m’a valu d’être consigné sur le coin de la rue du Finistère par la Police, car je m’étais aventuré dans la rue Neuve – profitant de l’inattention du policier de garde à la rue de Malines –  alors que la coupole allait s’effondrer! Inconscience de la jeunesse!La rue était couverte des éclats de vitrines brisées, et l’on entendait, à l’intérieur du bâtiment, exploser les bombonnes de « Camping Gaz » du rayon « camping »… On ne se doutait pas encore, à ce moment, du nombre des malheureux restés prisonniers dans cet enfer!

Mon recueil suivant, « Voyages », sortira  en septembre. Une sortie un peu particulière car j’avais désiré une impression « or » sur la couverture. Celle-ci fut réalisée non avec une « encre or » qui, à l’époque, n’était guère performante, mais par poudrage manuel! Les couvertures étaient imprimées une à une avec une encre-colle incolore, saupoudrées d’une poudre d’or ( qu’on appelle du schlagmetal), laissées à sécher une quinzaine de minutes, puis brossées une à une pour récupérer la poudre non collée.  Ce fut une longue soirée pour mon ami imprimeur et moi! J’avais de l’or partout, même dans les cheveux! Mais plus de quarante ans plus tard, le résultat est toujours positif! Alors, goûtez à ces voyages sans modération:

VOYAGES

1

Je pars pour te mieux revenir,
Versant des pleurs sur mon courage…
Je ne veux pas fuir un naufrage
Mais près de moi te retenir.

De mon amour sur mon passage
Messages te ferai tenir:
Je pars pour te mieux revenir,
Versant des pleurs sur mon courage…

Ma fortune veux abonnir
Pour affermir mon vasselage
Envers toi, dont le doux visage
Illumine mon avenir:
Je pars pour te mieux revenir.

2

Ta nef a quitté mon rivage,
Levant l’ancre au lever du jour,
Volaient les mouettes à l’entour,
Éblouies par ton visage.

Les nuages dans le ciel lourd
Dansent une ronde sauvage:
Ta nef a quitté mon rivage
Levant l’ancre au lever du jour.

Déjà s’efface ton sillage
Dessous l’horizon sans retour.
Je prie pour toi, mon Amour:
Que Dieu te garde du naufrage,
Ta nef a quitté mon rivage…

3

S’envole vers toi
Toute ma pensée,
Mon âme percée
Du trait de l’émoi.

Longue traversée
Sur l’onde d’effroi:
S’envole vers toi
Toute ma pensée.

En grand désarroi
Ma vie blessée
S’écoule, lassée,
Mais toujours de moi
S’envole vers toi.

4

Ton heureux retour
J’attends en silence,
Brûlant Patience
Aux flammes du jour.

Pleurant ton absence
En triste séjour,
Ton heureux retour
J’attends en silence.

La neige alentour
Tisse un voile dense:
Sous son albe immense
J’espère, m’amour,
Ton heureux retour.

5

Mon âme vers toi s’envole
Par-dessus les monts, la mer,
Par-dessus le gouffre amer
De ma solitude folle.

Je survis dans un enfer
Sans ta joyeuse auréole:
Mon âme vers toi s’envole
Par-dessus les monts, la mer.

Que souffle le vent frivole,
Ton amour est mon alfier,
Et que m’importe l’hiver,
Du Printemps tu es symbole,
Mon âme vers toi s’envole…

6

Le chemin du retour
Est pavé de fleurettes,
De lys, de pâquerettes,
Souhaitant le bonjour.

Leurs grâces joliettes
S’épanouissent au jour:
Le chemin du retour
Est pavé de fleurettes.

Mon cœur bat le tambour!
Grelottent, mignonnettes,
Des chevaux les clochettes:
Il n’est plus long, m’amour,
Le chemin du retour!

7

Nous le ferons à deux
Le merveilleux voyage
Aux confins du rivage
Du Temps tumultueux.

Ne crains pas le naufrage
En les flots nébuleux:
Nous le ferons à deux
Le merveilleux voyage.

L’avenir ténébreux
N’est pas un ciel d’orage…
En toi vit mon courage:
Notre Jour radieux
Nous le ferons à deux.

1968 – A ne pas prendre au sérieux!

Un poète étant supposé écrire avec une plume d’oie, un de mes amis insista pour s’employer à me photographier assis à mon bureau, « dans le feu de l’action »! L’ennui, c’est que ce n’était pas une plume d’oie, mais de je ne sais quoi, et que je n’écrivais rien du tout! De plus cette plume cachait un vulgaire « bic »… Inutile de dire que la photo n’a jamais été utilisée et que je ne la dévoile aujourd’hui que pour le « gag »! Pour ceux qui s’interrogeraient quant à la clef qui pend au clou sur le mur derrière moi, je préciserai que mon bureau était situé dans une « cuisine de cave », et que cette clef servait à déverrouiller la grille de protection de la fenêtre cachée par la tenture … Comme nous n’avions pas le chauffage central – encore peu courant à l’époque – j’utilisais l’hiver un petit « continu », qui y assurait une température de serre!

Je continuai à écrire des nouvelles. Si deux d’entre elles avaient été publiées par « Le Phare Dimanche » (1962 et 1968), les autres restaient dans mes fardes. Je me suis donc décidé à en éditer une, sous formes de plaquette, pour tester les réactions. C’était une horrible histoire de guerre et d’infidélité, tout-à-fait immorale… intitulée « Surprise Party ». L’accueil fut intéressant, mais je crois que les critiques s’attendaient de ma part à autre chose. Il faut dire que c’était avant « mai ’68 », et qu’on n’était pas encore blasés des outrances en littérature… Ce fut, hélas! ma dernière publication « personnelle », car mon imprimeur et ami va peu après décéder inopinément d’une crise cardiaque, alors qu’il suivait un match de foot à la TV. La nouvelle m’a surpris alors que je me préparais à lui proposer d’imprimer une nouvelle plaquette de poèmes, sous le titre « Dies Illa », poèmes qui resteront donc inédits jusqu’aujourd’hui.

J’avais pourtant grande envie de réaliser cette publication. Mais le temps a passé, mes activités se sont diversifiées et – paradoxe – j’ai me suis installé une petite imprimerie typographique avec laquelle je n’ai jamais « sorti » aucune de mes productions! Je ne partageais pas non plus les idées de la « nouvelle vague » littéraire, et je me suis éloigné toujours davantage de ces milieux où je ne retrouvais plus mes amis. Mes « hobbies » s’orientent alors vers le tir et le bateau, et c’est le second qui l’emportera en finale. Quant à « Dies Illa », en voici les poèmes en primeur:

 

I

La folie en ma tête
Déchaîne ses marteaux,
Vacarmes infernaux
Troublant ma nuit de fête.

Étoiles sans manteaux
Dans la nuit qui s’entête,
La folie en ma tête
Déchaîne ses marteaux.

Déverse la tempête
Au dedans mes tombeaux
Les mille tombereaux
De ma vie qu’arrête
La folie en ma tête…

 

II

J’ai perdu mon sourire
Quand est mort ton amour,
Dans mon cœur un tambour
Bat chamade en délire.

Il n’est point de détour
Sur la route du pire:
J’ai perdu mon sourire
Quand est mort ton amour.

Ton âme le désire:
Je m’en vais sans retour,
Malheureux troubadour,
Dans le vent qui soupire
J’ai perdu mon sourire…

 

III

Dans l’aube printanière
De tes yeux de velours
Je retrouve toujours
Ma source de lumière.

Que s’écoulent les jours,
Ma vie m’est légère
Dans l’aube printanière
De tes yeux de velours.

Quand ploie mon âme fière
Sous tes brillants atours,
Libertés sans retours
Ressemblent à Misère
Dans l’aube printanière!

 

IV

Il n’est de plus doux voyage
Qu’un voyage dans tes yeux,
Un voyage merveilleux
Au travers du Temps sans âge.

Loin des combats douloureux
De notre monde en naufrage,
Il n’est de plus doux voyage
Qu’un voyage dans tex yeux.

Je n’ai plus que ce message
Pour ton cœur très précieux:
Puisse-t-il, mélodieux,
M’y assurer le passage,
Il n’est de plus doux voyage.

 

V

Oserais-je te dire
Ce que j’ai dans le cœur,
Le trésor de bonheur
Que m’offre ton sourire?

Mais, malgré sa chaleur,
J’ai peur de ton sourire!
Oserais-je te dire
Ce que j’ai dans le cœur?

La Mort ne serait pire
s’il devenait moqueur!
Ma divine douceur,
Ce pourquoi je soupire,
Oserais-je te dire?

 

VI

Il me vaut mieux mourir
Que vivre sans la Rose
De ton amour que j’ose
Convoiter de désir!

Trop souvent, je suppose,
J’ai vu l’espoir périr…
J’aimerais mieux mourir
Que vivre sans la Rose
D’Amour.

Mon cœur, las de souffrir,
Des pleurs dont je l’arrose,
Qu’ils soient poème ou prose,
Par toi se voit férir:
Il me vaut mieux mourir
D’Amour.

 

VII

Je suis bien las d’attendre
Que se lève le jour
Lumineux de l’Amour
Au fond d’un regard tendre.

Voyage sans retour
Me faut-il t’entreprendre?
Je suis bien las d’attendre
Que se lève le jour!

Si nulle pour l’entendre
Ne descend de sa tour,
Ne peut le troubadour
Que se réduire en cendre!
Je suis bien las d’attendre…

Ces poèmes des années ’60 n’ont pas été mes derniers, mais ma vie a quelque peu changé à ce moment, et le volume de mes préoccupations « alimentaires » a quelque peu contrarié ma verve poétique.

Les années « noires »

Années « noires » parce que  fortement contrariée par les nécessités très matérialistes de ma quotidienneté. Cela ne veut évidemment pas dire que je n’ai plus écrit de poèmes, mais le « public » auquel ils s’adressaient s’est forcément réduit, et j’ai bien du constater, à un moment, que mes créations n’intéressaient pratiquement plus personne. Écrire pour soi-même est extrêmement décevant, à moins d’être affecté d’un profond narcissisme ou d’un égoïsme transcendant et ce n’était pas mon cas. Je ne voulais pas non plus abandonner mon classicisme pour sombrer dans la mode du « vers libre » que promouvait la « nouvelle vague ». J’ai encore écrit quelques nouvelles, inédites à ce jour, quelques poèmes personnellement dédicacés et restés dans le « privé », quelques autres par habitude, pour meubler mon carnet, et je me suis consacré à écrire des articles pour des feuilles confidentielles et bientôt disparues. Quelques vers de ces jours d’ombre:

 

RONDEL
Si pouvions nous souvenir
De nos jours heureux, sans l’ombre
D’un train de nues trop sombre,
Riant serait l’avenir.

Qu’un sourire nous dénombre
Bonheurs devant survenir
Si pouvions nous souvenir
De nos jours heureux, ans l’ombre.

Il n’est plus de devenir
Et notre bel amour sombre
Car s’oublient joies sans nombre,
Mais voudrais-tu revenir
Si pouvions nous souvenir?

(Août 1977)

Ce n’était vraiment pas la joie. Et cela va durer jusqu’en fin de ces années ’70. A ce moment je collectionnerai les coups durs: ’78, ’79, ’80 et ’81 en étant les plongées abyssales entre quelques moments de répit.

Ainsi, en fin 1979, un de mes amis participait à l’édition de la revue « AMI », laquelle s’adressait aux tireurs, collectionneurs d’armes, uniformes et véhicules militaires. Il me demanda si je pouvais, éventuellement, assumer une rubrique consacrée aux véhicules tous-terrains.

Dans AMI de novembre 1980… Je le quitterai peu après.

Cela m’intéressait, ayant été propriétaire de plusieurs « jeeps » Munga et ayant projet d’acheter la nouvelle Suzuki Jemny, prête à sortir sur notre marché. Je venais de perdre mes parents, auxquels j’étais très attaché, et j’avais vraiment besoin de m’intéresser à quelque chose de très différent des inconvénients de ma quotidienneté. Il me manquait cependant les connaissances techniques pour rédiger ce volet indispensable d’un essai sérieux. Heureusement un de mes autres amis, Didier N*** qui, ayant fait des études techniques, collectionnait et restaurait des voitures anciennes, s’intéressa à la chose, et nous publiâmes les article en collaboration sous la signature « Rino ». Les essais étaient très sérieusement effectués et nous n’hésitions pas à exposer clairement les défauts éventuels qui nous apparaissaient. Cela ne faisait pas toujours plaisir aux « marques », mais elles appréciaient cependant notre objectivité qui leur permettait souvent de déceler des défauts dont leurs essayeurs avaient parfois minimisé les effets pratiques (personne n’est parfait…). En fin  ’80 le rédacteur-en-chef décida d’orienter davantage la publication sur le secteur « armes » et me chercha une mauvaise querelle suite à un accident avec un véhicule d’essai. Je n’ai jamais eu un caractère facile et certainement pas « lèche-bottes », et cela mit fin à ma collaboration et à la rubrique en question.

L’an 1981 fut probablement le pire – en conséquences – de ma vie. Il va cependant m’inspirer encore quelques poèmes, peut-être car je m’y suis senti, à un moment, au tréfonds de l’abîme. En voici quelques uns:

RONDEL

Le ciel est noir en la nuit blanche
Et Soleil dort en ses rayons.
Le Diable court dans les layons
De cette forêt de dimanche.

La foudre transforme en haillons
La nue qui sur moi se penche.
Le ciel est noir en la nuit blanche
Et Soleil dort en ses rayons.

Du cauchemar je me retranche.
Avec moi, vient mon cœur, fuyons
Vers l’Aurore au doux carillons
Où Fontaine d’Amour s’épanche!
Le ciel est noir en la nuit blanche…

RONDEL

Le soleil, au bout du chemin,
Allume de ses rais ma route
Sous les nuées de déroute,
Au firmament de lendemain.

Un cœur a dissipé le doute,
L’aube peint le ciel de carmin,
Le soleil, au bout du chemin,
Allume de ses rais ma route.

Perdu dans le chaos humain
J’en dois sortir, coûte que coûte,
Vainqueur en cette male joute
Pour trouver, ta main dans ma main,
Le soleil au bout du chemin!

RONDEL

Derrière la fenêtre
S’agite un ciel mouvant.
J’entends l’engoulevent
Chanter de tout son être.

Seule, au travers l’auvent,
La lumière pénètre.
Derrière la fenêtre
S’agite un ciel mouvant.

Redevenir mon maître,
Et non le jeu du vent…
Je reste là, rêvant
D’un avenir à naître,
Derrière la fenêtre…

C’est l’année aussi ou j’ai encore écrit deux nouvelles « maritimes » et un peu « fantastiques », restées  inédites: « La Dernière Chance » et « Purée de Pois ». Peut-être un jour leur donnerai-je une ou plusieurs suites… ce qui était mon projet initial.

Je dois maintenant revenir à l’ami qui m’avait introduit à la revue AMI pour les essais de 4×4’s car il va intervenir très souvent dans cette partie extrêmement difficile de mon existence: la décade 1978-88. Jacques V*** était un personnage bien connu dans les milieux des collectionneurs d’armes anciennes. Surnommé « Beau fusil » ou « Belle Moustache » il espérait – assez vainement – s’y faire des amis capables d’apprécier ses connaissances. C’était ignorer que la plupart de ces gens sont des égoïstes forcenés, uniquement concernés par leurs possessions ou « découvertes », et satisfaits de s’imaginer être détenteurs de LA pièce unique, même et surtout si elle est fausse…  Il était aussi malheureusement un peu mythomane et tendait à faire confiance aux gens auxquels il ne fallait pas. Dire qu’il était moqué et exploité par certains reste très charitable… C’était aussi un artiste: il avait suivi les cours de l’Académie de Bruxelles où il avait obtenu un très beau diplôme-pas officiellement reconnu à l’époque-mais n’avait pu se lancer dans l’aventure de la B.D.  car piégé dans les tristes réalités des besoins quotidiens. Comme je n’étais pas collectionneur, et que beaucoup médisaient à son sujet, il attira ma sympathie et m’embarqua dans quelques aventures (!) où, à tout le moins, j’ai pu apprendre des choses intéressantes pour mon avenir, et rencontrer des personnages très particuliers ou remarquables… Mais aussi des gens pas très sympathiques!

Après que j’ai quitté AMI, il va m’introduire à « Tout Terrain Magazine », un petit mensuel essentiellement consacré à ce type de véhicules. Malheureusement, le propriétaire-directeur-rédacteur en chef de cette publication ne m’a pas trouvé sympa. En plus, il avait la détestable habitude de co-signer des articles auxquels il n’avait en rien collaboré, sans en demander l’autorisation à l’auteur. Il n’apportait aussi aucun support « presse » à ses journalistes, estimant qu’ils n’avaient qu’à se débrouiller tous seuls… Dans ces conditions ma collaboration n’a pas duré! Le magazine non plus d’ailleurs…

Jacques va peu après me présenter au propriétaire d’une imprimerie qui éditait un ouvrage intitulé « 52 Fêtes en Belgique » de Yves Jadoul. Le boulot était purement

Edition en français, dessin de Jacques Van den Hautte…

alimentaire: composer le texte et le relire pour la correction orthographique. Le travail se faisait sur ordinateur, et ce fut pour moi une première. La machine était un Apple II, avec deux disketes: une pour le programme – Wordstar – et l’autre pour la sauvegarde du texte. A noter qu’on ne travaillait pas en « wisigig » mais avec des codes: il fallait imprimer pour savoir ce que donnait le travail! Ce fut aussi pour moi l’occasion de rencontrer Yves Jadoul, un type un peu aventurier, très sympathique et plein de bonnes

Édition « flamande », dessin du même artiste… Il s’agit d’une traduction du texte original. Je n’ai pas participé à la composition…

idées. Son principal défaut – que j’avais tendance à partager à l’époque – était de s’attarder plus que raisonnablement avec des « amis » au bistrot… Inutile de dire qu’avec Jacques nous avons très rapidement constitué une « fine équipe »! Le travail avançait cependant très bien mais comme Yves paraissait un peu lent dans sa rédaction, l’éditeur suggéra d’y associer un autre journaliste: Charles Turquin. Un personnage de haut niveau, qui aura une très bonne influence dans ma vie quelques années plus tard. Charles était un des correspondant-vedette du « Pourquoi-Pas? », et il avait notamment suivi pour ce magazine l’odyssée du Colonel Schramme de Stanleyville à Bukavu. Il était aussi l’auteur de certains de ses « Petit Pain du Jeudi », articles persiffleurs et humoristiques particulièrement appréciés des lecteurs. Son érudition était époustouflante mais il avait l’art de se présenter au niveau de ses interlocuteurs pour les mettre particulièrement à l’aise. Bref, un « vrai » journaliste de l’ancienne école… Inspiré par le succès de ce « guide », Yves Jadoul va proposer d’éditer un

Yves Jadoul (au centre) lors de l'essai de la "Pirogalu" sur la Meuse à Namur.

Yves Jadoul (au centre) lors de l’essai de la « Pirogalu » sur la Meuse à Namur.

« Guide de la Plaisance en Belgique », reprenant toutes les voies navigables et clubs nautiques du royaume. A ce nouvel ouvrage j’aurai une participation plus importante: la rédaction de l’article concernant le Canal Maritime de Bruxelles au Rupel et ses clubs nautiques. De plus, Yves étant momentanément privé de véhicule, d’accompagner lors des visites de prospection de plusieurs clubs. L’imprimeur éditait aussi un petit magazine de jeux de lettres, « Tricross »,  présentant un nouveau type de mots-croisés en « trois dimensions » inventé par un de ses collaborateurs, et je fus chargé de la correction des épreuves et des définitions. C’était très intéressant sur le plan culturel, pas tellement pour mes finances… Ma collaboration avec l’imprimeur va finalement se terminer sur un petit conflit d’autorité qui va mal tourner, mais cela n’interférera pas dans mes contacts avec Jacques et Yves, qui essayeront de m’aider de leur mieux vu la soudaineté de mon éjection…

Je crois, cependant, que quelques descriptions s’imposent quant aux faits marquants de cette période assez perturbée de ma vie, mais je n’ai pas l’intention d’exposer mes mémoires, je l’ai déjà écrit. Les choses ont commencé à tourner mal pour moi en ’77, quand j’ai été « plaqué » sans explications par mon amie Suzanne (pas pour un autre…). Il faut considérer les choses objectivement: je manquais probablement d’une certaine maturité, malgré mon âge, et je n’ai certainement pas compris ses attentes. Puis en ’78 j’ai perdu ma mère, en ’79 mon père, en ’80 mon bateau, en ’81 mon commerce, en ’82 ce qui restait de mes économies, en ’83 mon logement… J’en passe et des meilleures! J’avais en ce temps (et j’en ai encore!) des amis, des vrais, qui m’ont aidé aussi dans ces tribulations, ce qui m’a permis de ne pas sombrer entièrement dans le désespoir, et de poursuivre ma route, cahin-caha! Heureusement, je pouvais encore écrire!

Yves, lors de la rédaction de son « Guide de la Plaisance », avait noté le désir, dans certains clubs, de disposer d’un organe de contact permettant de mettre en valeur les résultats de leurs membres lors des différentes régates de la Saison, en quoi « Yachting Sud » ne semblait pas les satisfaire. Il va donc imaginer de leur proposer de publier quatre ou huit pages qui leur seraient entièrement consacrées, et dont ils seraient les rédacteurs, insérées au centre d’une revue « générale » adressée personnellement à leurs membres. Cette revue ce sera « Sillages ». La proposition rencontra un certain succès et plusieurs clubs s’abonnèrent. S’il était un bon journaliste, Yves n’était pas un très bon gestionnaire. La cadence des tirages va devenir très irrégulière et « Sillage » en mourra exsangue. Par contre, la rédaction y était « libre » et j’ai pu y insérer quelques articles sans qu’ils soient censurés ou que la paternité m’en soit disputée. J’y ai notamment décrit les débuts de notre « Force navale » et de ses « pirates »…

Entretemps, Jacques, qui fréquentait les milieux de l’antiquité et de la brocante, avait fait la connaissance d’un personnage très haut en couleurs: Georges Mercier (à ne pas

Georges Mercier a marqué la brocante hennuyère par sa volonté et sa présence

Georges Mercier a marqué la brocante hennuyère par sa volonté et sa présence, et par ses magazines spécialisés.

confondre avec l’autre…), de Houdeng-Goëgnies . Je dis « un personnage » parce qu’il avait ce qu’on appelle « une présence » et une prestance remarquables. Georges avait décidé d’organiser une foire d’antiquités et belles brocantes à La Louvière où (je l’ignorais à ce moment) existait un nouveau hall d’exposition. Jacques lui proposa d’éditer un journal introductif, publié mensuellement à partir de trois mois avant l’événement, et distribué gratuitement sur les brocantes. Ce journal, intitulé « Hobby Times », contiendrait notamment un calendrier des principales brocantes en Belgique avec, en grand, en gras et même en pleine page, celle de La Louvière. Georges accepta et je me trouvai embarqué pour l’aventure. J’y reviendrai, car Jacques avait une autre idée derrière la tête… En fait nous nous sommes fait tous embarquer dans une de ces entreprises de Jacques, dont les conséquences se sont toujours avérées tout à fait imprévisibles!

Trinquant avec mon ami Jude (à g.). J'avais un air un peu différent...

Trinquant avec mon ami Jude (à g.). J’offrais un aspect un peu différent…

A la même époque j’ai fait la connaissance de Brigitte De Smaels et de Muriel Hublet, et je les ai embarquées dans la même aventure. Et c’en était une! Le siège du journal était à La Louvière, et Georges organisait ou participait à de nombreuses activités annexes comme, par exemple, un cercle Tastevin. Nous étions évidemment invités à ces « agapes » très sympathiques et nous en profitions pour discuter aussi le programme du prochain numéro. Brigitte

Muriel (g.) et Brigitte (dr.), les dynamiques "nouvelles" journalistes...

Muriel (g.) et Brigitte (dr.), les dynamiques « nouvelles » journalistes…

était très intelligente et savait comment faire « tourner en bourrique » ses interlocuteurs en leur posant les questions « qui dérangent » au moment où ils avaient baissé leur garde. Muriel était plus directe, mais apprenait très vite à surprendre ses interlocuteurs. Comme Brigitte avait plus de temps libre, j’ai le plus souvent travaillé en tandem avec elle durant cette période ’85 – ’87, et nous avions choisi un pseudo constitué de nos deux noms pour signer nos articles: Chabri de Rismaël. Ayant appris que Charles Turquin était devenu le Rédacteur-en-Chef du « Vif-L’Express », excipant de nos bonnes relations professionnelles passées – même si elles furent réduites – j’ai pu obtenir de lui qu’il nous prenne « à l’essai » comme pigistes, et nous avons éié admis à publier dans ce magazine, durant tout son mandat, sous la signature commune Br.Ch.

Le premier numéro de Hobby Times...

Le premier numéro de Hobby Times…

Entretemps, « Hobby Times » remportait un franc succès. Ce qui ne l’empêcha pas de recevoir une mise en demeure, ce titre étant semblable à une autre appellation commerciale. Il fut donc modifié, à partir du n° 4, en « Belgian Hobby News ». Ce fut aussi le premier numéro payant: 50 FB l’unité, mais ventes et abonnements « marchèrent du tonnerre »! Georges était aux anges, Jacques triomphait, et nous étions heureux de pouvoir collaborer librement à ce nouveau média. L’ennui c’est que notre enthousiasme nous poussait à publier de plus en plus d’articles. Le nombre des pages augmentait, augmentait, mais les recettes ne progressaient pas en proportion… Pour éviter de signer trop d’articles, j’ajoutai encore à ma liste le pseudo Maximilien van Eeckeren, lequel va provoquer quelques confusions, certains s’imaginant qu’il  s’agissait là de mon véritable nom  et

... et celui parut alors que je claquais la porte pour la 1ère fois!

… et celui de janvier ’87, alors que je claquais la porte pour la 1ère fois!

que Rigoli n’était qu’un nom de plume!  Mon frère, qui bénéficiait de nombreux talents, va également collaborer par une chronique « Science-Fiction » sous le pseudo de René Gay-Rendont. Nous avions encore une grande rubrique BD, signée par Serge Algoet, et une autre pour le « Polar » sous la plume de Martine Smekens. Cette dernière jouera un rôle très particulier dans l’avenir de Belgian Hobby News.

Il apparut très rapidement que mes relations avec Georges étaient très incertaines, du style « amour-haine ». Il aimait ma façon d’écrire, mais pas mon caractère…! Nous avions souvent des

petits accrochages, mais cela ne gênait pas le travail, lequel était plutôt important. C’est qu’à cette époque la mise en page se faisait encore « à la main ». Les textes étaient composés sur ordinateur en colonnes et imprimés sur papier spécial. Il fallait ensuite découper ces colonnes et les coller sur des « feuilles de montage », ainsi que les photos tramées. Inutile de dire que c’était plutôt délicat et demandait des tonnes de patience. Les aides bénévoles des débuts disparaissant

Charles Turquin, alors qu'il achevait de préparer discrètement son bateau dans le petit port de Paal (NL)

Charles Turquin, alors qu’il achevait de préparer discrètement son bateau dans le petit port de Paal (NL)

les unes après les autres, je restai bientôt le dernier à me « coller » l’ensemble du travail, ce qui me prenait environ un jour et demi et une nuit. Ces feuilles étaient alors confiées à l’imprimerie qui en réalisait les plaques offset pour la rotative. Georges va bientôt acheter un PC Olivetti doté d’un processeur « rapide » 8086, et une imprimante, ce qui nous facilitera un peu la tâche, mais pas encore le montage, faute d’un programme ad hoc. Notre collaboration se poursuivra cahin-caha jusqu’en janvier 1987: une discussion qui tourna mal, et je partis en claquant la porte! J’ai cependant encouragé mes amis à poursuivre leur participation, car ils n’étaient en rien concernés par mes différents avec Georges.

Janvier ’87 était décidément un mois de poisse: au « Vif-L’Express » Charles Turquin fut victime d’une cabale et viré « comme un malpropre », ce qu’il ne méritait certainement pas. On mit à sa place un jeune « youpi » qui s’empressa de se débarrasser de tous les membres de la rédaction qui n’étaient pas prêts à lui baiser les pieds (sur rendez-vous uniquement!). J’ai donc remballé les dossiers que j’avais en chantier, alors que Brigitte faisait une vaine tentative de maintien, et ce fut aussi la fin de Br.Ch. Je continuai à collaborer à « Sillages » d’Yves Jadoul, en attendant des jours meilleurs. Charles Turquin, lui, était presque prêt pour s’embarquer sur son voilier et se lancer à la découverte des Sept Mers, ce qu’il fit aux beaux jours. Impassible, le temps passa…

Vers juin, je fus contacté par Léon Lorand qui m’invita à reprendre la collaboration avec

Et voici le "nouvel" Hobby News" ...

Et voici le « nouvel » Hobby News » complété de « collectors » …

Hobby News. Tout a changé, me dit-il, car Georges à fait connaissance d’une antiquaire de Charleroi qui serait prête à investir. Il sera constitué une asbl pour gérer le projet, poursuit-il, et je ferais partie du C.A. Il était vrai que cela me démangeait de reprendre le travail pour le journal, pour autant que Georges se tienne un peu tranquille! J’ai donc accepté de « revenir » et fus chargé de la rédaction des statuts. Ainsi naquit la « Fédération Européenne des Collectionneurs et des Amateurs des Choses du Passé », en abrégé FECAF (le dernier F ajouté pour « folklore » afin d’éviter un nom imprononçable), laquelle reprenait l’édition de Belgian Hobby News, et dont je fus nommé Secrétaire. Le siège social quitte La Louvière et s’établit rue Ferrer à Marchienne-au-Pont. Donc en septembre ’87 le « nouvel » Hobby News présentait son « nouveau » C.A. et je reprenais la rédaction de l’Edito et autres articles, tant sous mon nom qu’en utilisant mon pseudo Maximilien van Eeckeren. Premier couac: au deuxième numéro l’imprimeur utilise un vert beaucoup trop léger. Qui lui a donné le « bon à tirer »? Ce n’est pas clair! Nous entamons une action judiciaire mais, notre siège étant à Charleroi, la Justice locale traîne et, en finale, nous déboute. Il se dit là-bas que les procès se règlent entre juges et avocats, dans une salle au 1er étage du bistrot en face du Palais de Justice, et que ce n’est plus que de la comédie dans la salle d’audience… Qu’en penser?

Georges reste calme, trop calme. En fait c’est sa partenaire qui commence à faire des siennes. Nous participons à la Foire du Livre de Bruxelles, et y faisons connaissance de Jean Wauthy et de son épouse, Mireille Rifflet. Ceux-ci considèrent que notre calendrier des brocantes à Bruxelles et dans le Brabant présente de nombreuses lacunes, et nous proposent de rédiger un « 4 pages » central reprenant les événements de la capitale et des environs. Il y eut des pour et des contre, Georges était plutôt pour, mais la Présidente contre, et elle l’emporta.  L’idée fut donc abandonnée pour nous, mais pas par Jean Wauthy qui sortira bientôt un premier modeste numéro de « Tradition’s ».

Et voici le Hobby News "bruxellois", premier numéro de la dernière année...

Et voici le Hobby News « bruxellois », premier numéro de la dernière année…

Je le disais, Georges était trop calme, mais c’était trop beau. Les problèmes vont ressurgir et, une fois de plus, je partirai en janvier 88, mais cette fois sans claquer la porte. Si j’abandonne mon rôle de rédacteur-en-chef, je ne démissionne pas de mon poste de Secrétaire de la FECAF et je reste en contact avec l’équipe. D’ailleurs la révolution gronde et des projets multiples voient le jour, mais rien ne bouge vraiment avant la fin de cette année. L’initiative vient de Georges, ou plutôt de sa partenaire: ils convoquent une assemblée générale extraordinaire sans en aviser tous les administrateurs – dont moi – et sans obtenir le quorum. Évidemment, en tant que Secrétaire, je me suis empressé de convoquer une nouvelle assemblée générale extraordinaire, puisque l’autre était légalement nulle, et celle-ci pouvait statuer quel que soit le nombre des présents. Le « groupe de Charleroi » a cru ne pas devoir venir et cela nous a permit de les débarquer et de changer le siège social que nous ramenâmes à Bruxelles. Nous reprenions aussi l’édition du magazine et décidions de changer sa couleur du vert au brun tête-de-nègre. Nous sortions aussi, en urgence, un numéro de huit pages pour janvier 1989, avec le matériel dont nous disposions. Heureusement, nous avions pu mettre la main sur le programme du calendrier! Le temps nous manquait, et nous avons donc « offert » aux lecteurs une pleine page avec une gravure du château de Modave!

Le dernier de la série, marquant la fin de l'aventure...

Le dernier de la série, marquant la fin de l’aventure…

Hélas! les ambitions de certains membres des « révolutionnaires » n’étaient pas encore satisfaites de la situation. Martine Smekens menait la fronde et voulait nous voir nous transformer en société commerciale, ce que je voulais éviter absolument. Malheureusement, elle s’était chargée de la gestion financière et il semble que celle-ci était loin d’être favorable! En février 1990 elle fit exploser sa « bombe », et je me retrouvai avec Muriel Hublet, mon frère  et une caisse vide pour continuer Hobby News… Les autres membres de l’équipe s’associèrent à elle pour fonder « Le Journal des Collectionneurs » et je conseillai à mon frère de les rejoindre car je n’avais aucun moyen de lui assurer la publication de ses articles. Muriel ne voulut rien entendre: elle n’avait jamais eu confiance en Smekens, et j’avais eu le grand tort de ne pas l’écouter. Quant à Georges et ses associés, ils avaient sorti, huit jour après nous, un « nouveau » magazine » imprimé en vert au format A4 sous le titre « New Hobby Magazine ». Nous avions porté plainte pour plagiat mais, obligés de nous adresser une fois de plus au tribunal de Charleroi, nous n’avons jamais obtenu la saisie que nous demandions – l’affaire étant jugée « non urgente » – ni aucune décision sur le fond. Finalement « New Hobby Magazine » périra de male mort un mois avant notre propre disparition…

Illustration dessinée par mes soins pour la publication "de sécurité". L'original semble être perdu...

Illustration dessinée par mes soins pour la publication « de sécurité ». L’original semble être perdu…

Mais l’odyssée « Hobby News » n’occupait pas tout mon temps. Jacques Van den Hautte avait, lui aussi, abandonné Georges peu après mon premier départ et n’avait pas souhaité s’impliquer lors de la création de la FECAF. Il continuait à collaborer avec le groupe « Ami Press » et à d’autres nébuleuses affaires auxquelles je me suis toujours efforcé à ne rien comprendre. Nous nous rencontrions encore de temps en temps pour « boire un verre ». En 1983 j’avais écrit un « conte de St Nicolas » sans prétention – pour diverger des habituels « contes de Noël » – et, je ne sais plus en quelles circonstances, je le lui avais donné à lire. Peu après il me téléphona, tout excité, pour provoquer une rencontre. Il l’avait trouvé « formidable » et l’avait soumis à un cinéaste de ses amis, lequel lui dit qu’il était « intéressant » pour un court métrage TV, un 51′ comme les « séries ». Il fallait le « gonfler » un peu, ajouter un personnage féminin, prévoir deux chansons pouvant faire l’objet d’un 45 T… Bref, je devais me mettre au travail sans tarder et il se chargerait du reste! Je connaissais les enthousiasmes de Jacques, aussi je me contentai de prendre note de ces observations très justifiées, et de mettre en chantier les changements demandés. J’écrivis deux chansons, l’une pour le générique, l’autre, une romance, pour être interprétée par le personnage féminin dans le cours du script. Et puis l’histoire se dissout dans les problèmes personnels de Jacques, abandonné par son épouse, et s’embarquant dans une dangereuse aventure de règlements de compte familiaux l’obligeant à fuir jusqu’à Bordeaux pour échapper à une vengeance… Bref, « Double Prime » n’a pas connu la gloire des écrans, et j’ai publié les chansons et le texte original dans un numéro de « Hobby News » pour protéger mes droits! Et ces chansons, les voici:

DOUBLE PRIME

Avec le danger tu te drogues,
En l’aventure est ton bonheur,
Il te faut ressentir la peur
Qui s’accroche au cœur
Comme un dogue,
Et c’est dans la nuit que tu vogues
Pour la prime de tes sueurs.

Chaque homme a son prix en ce monde,
Au poids de l’or ou du malheur,
Salaire d’amour ou de peur…
Alors si ton cœur
Vagabonde,
Songe que Mort rôde à la ronde
Pour récompenser ton labeur.

Tu n’as que la mer pour amie,
Le bateau pour seul horizon,
Et c’est d’eux que dépend ta vie
Quand le vent hausse sa chanson!
Car la mer peut être ennemie,
Le bateau, rien qu’une maison:
Seul avec ton âme trahie
Tu dois retrouver ta raison.

Alors ta raison tu l’estimes
Au double d’or pour double peur,
Double risque, double bonheur!
Oui mais dans ton cœur
Double prime
Paye pour l’amour qui te brime
Et qui a fait couler tes pleurs.

 

LA MER CET HIVER

La Mer cet hiver roule en vagues grises
Et les quais déserts attristent mon cœur.
Au loin vogue ton navire,
Là où même soleil expire,
Où l’océan n’est que douleur!
La mer cet hiver roule en vagues grises,
Trop longues les nuits attristent mon cœur.

Les nues d’hiver flottent en vagues grises
Et court la bise sur l’estran désert.
Mouette où vas-tu m’amie?
Aux ailes du vent tu t’allies
Pour franchir les gouffres amers.
Les nues d’hiver flottent en vagues grises
Et je reste seul(e) sur l’estran désert.

Le vent d’hiver fouette les vagues grises
Et soulève au ciel les embruns des jours,
Vrillant dans mon cœur le doute
Car je crains la mer en déroute
Pour le moment de ton retour.
Le vent d’hiver fouette les vagues grises,
Emportant au loin les embruns des jours.

L’horizon d’hiver n’est que vagues grises
Mais quand neige meurt renaît le printemps.
Au ciel brille notre étoile
Et bientôt je verrai ta voile
Poindre sur un ciel éclatant!
L’horizon d’hiver n’est que vagues grises
Avec ton amour renaîtra Printemps!

Non, je ne publierai pas ici le texte du conte, d’autant que je voudrais quand même le remanier, non pour le cinéma mais pour mon plaisir. Quant à la romance, si je vous la livre dans sa dernière version, elle m’a demandé de nombreuses corrections et ne me plaît pas encore à 100 %.

Mars 1994: les trois principaux comparses de l'affaire "Agusta" sont démasqués!

Mars 1994: les trois principaux comparses de l’affaire « Agusta » sont démasqués!

Avec la déconfiture de Belgian Hobby News je me retrouvais très désappointé mais libre de mes activités. J’avais gardé de bonnes relations avec Jean Wauthy, et même écrit quelques articles pour son Tradition’s. Cela n’avait pas été du goût de mes partenaires, même si les textes que j’avais livrés étaient différents de ceux publiés dans notre journal. Apprenant la situation, Jean Wauthy me proposa de reprendre notre collaboration, ce que je fis et poursuivis pour un long, très long moment! A un certain point cette collaboration devint tellement importante que j’en vins à devoir signer mes articles, outre de mon nom, de deux pseudos différents! Chargé des Editos, j’y utilisai d’abord Maximilien van Eeckeren

Avril 1995: après "Agusta",c'est "Carapace" qui s'annonce! Certains "pètent les plombs"...

Avril 1995: après « Agusta »,c’est « Carapace » qui s’annonce! Certains « pètent les plombs »…

jusqu’à ce qu’un « journaliste » du « Soir » dévoile mon identité réelle. Ce « journaliste » était un de ces inévitables fanatiques gaucho-bobos pour qui tout ce qui n’est pas de la doctrine du PS est d’extrême-droite. Mes opinions lui paraissaient notamment « poujadistes » (mais je doute, vu son âge, qu’il ait jamais entendu ou lu quoique ce soit de Pierre Poujade, et compris ce qu’il voulait dire!) et cela lui suffisait pour me vouer, avec Tradition’s qui osait me publier, aux gémonies! Il faut dire que, quelques mois plus tôt, dans un Edito intitulé  » Carapace », je dénonçais, en avril 1995, un nouveau scandale de la corruption dans les fournitures militaires, alors sous contrôle du PS, et que cela n’avait pas vraiment plu à certains, alors que  l’affaire « Agusta » n’en était encore qu’à la découverte du sommet de l’iceberg! Pour ceux que cela intéresse, ils trouveront ci-dessous les textes incriminés, pas vraiment de quoi fouetter trois chats!

Edito mars 1994

Edito mars 1994

Finalement, l’article « vengeur » de ce « journaliste » ne nous fera aucun tort, au contraire, car il confirmait la justesse de mes observations. Par principe j’ai introduit une plainte via mon association professionnelle, mais elle n’a connu aucune suite…

Edito avril 1995

Edito avril 1995

 

 

 

 

 

Le seul résultat pratique de cette « affaire » fut que je repris l’habitude de signer l’Edito de mon nom, et que peu après Maximilien van Eeckeren, « ayant atteint l’âge de la pension », s’est expatrié vers les îles tropicales de l’Asie du sud-est où il avait passé sa jeunesse…Il « adressa » cependant encore quelques articles au magazine, sous la rubrique Courrier des Iles… avec un peu de soleil photographique en accompagnement!

Les années ’95 et ’96 seront malheureusement marquées pour nous tous par des événements très éprouvants: les décès inattendus de Jean Wilmet (de son vrai nom Gaston Rigoli) puis de notre Président et fondateur Jean Wauthy. Très éprouvants pour moi parce que – dois-je le préciser? – le premier était mon frère aîné et le second un ami très apprécié et respecté. Si j’ai pu « remplacer » le premier dans la rédaction sous le pseudonyme de « Lysiane de Voclaint », le second, par contre, créait un vide qui risquait fort d’aspirer dans un « trou noir » l’ensemble de notre  magazine! Il fut même un moment question d’arrêter la publication, mais c’était trop bête, et certainement pas ce que Jean aurait souhaité. Mireille Wauthy-Rifflet va donc faire face aux difficultés inévitables en prenant la barre et le magazine va continuer en s’améliorant, avec la collaboration d’un nouveau venu: Christian Hurtmans. Les premiers mois furent plutôt difficiles, car le moral n’était pas au beau fixe, mais Christian, véritable « brusselleer », faisait preuve d’un optimisme « inoxydable », ce qui nous aida à franchir le pas.

 

 

 

 

 

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