Mare Brucsellensis

Régate du Canal: 7ème édition!

Les années passent tellement vite, et nous en sommes déjà, en ce 9 septembre,  à la 7ème édition de la Régate du Canal. Organisée par l’Ecole de voile du BRYC, elle rassemble des jeunes enthousiastes, s’affrontant sur Optimist et Laser Pico. Comme d’habitude, ceux-ci sont marqué du nom d’une des communes de la Région, et des organisations participantes: Scouts marins, Port de Bruxelles et BRYC. Une fois de plus, le nombre des participants obligera à les organiser en deux groupes.

Le vent est quelque peu paresseux et semble, en ce dimanche, vouloir faire la grasse matinée… Mais il se lève enfin, très léger, permettant de lancer la première course. Cela ne plaît pas à certains, trouvant la vitesse insuffisante et n’hésitant pas à pagayer avec les mains! Il faudra leur rappeler les règles! Mais voilà le vent qui forcit enfin, et les manches se succèdent jusqu’à midi. Pour la pose, les jeunes sont accueillis à quai par Wannes Van Laer, qui défendit nos couleurs sur Laser aux J.O. de Londres.  Quand les manches reprennent, un participant inattendu s’est glissé dans la « flotte »: Wannes Van Laer s’est embarqué sur un Optimist à la grande joie des enfants. Le vent force avec le passage des heures, et l’arrivée finale est extrêmement disputée. Wannes est ravi: « C’est comme cela comme tout à commencé » confie-t-il à Mady Fobert.

Tous les participants sont récompensés par le représentant de Mme Grouwels et le Commodore du BRYC, mais on notera l’absence de représentants des communes, quand même assez étonnante en cette avant-veille d’élections communales! Seules Evere et Woluwe-St Lambert étaient représentées, ce qui vaudra à Dimitri une coupe offerte par Olivier Maingain…

Septembre 14, 2012

Bruxelles au Tour de France à la Voile: 20 ans déjà!

Tous les ans on nous rebat les oreilles du Tour de France cyclistes, de ses « champions » plus ou moins dopés, et de ses équipes sponsorisées à hauteur de millions d’euros qui pourraient être plus utilement employés… Par contre nos médias ne nous parlent guère du Tour de France à la Voile, où s’affrontent pros et amateurs avec, pour beaucoup et singulièrement les Belges, des budgets de misère réduisant leurs moyens au minimum! Évidemment, il y a une grande différence entre le monde de la mer et celui du cyclisme: moins de millions jetés par les fenêtres dont on peut ramasser les miettes, pratiquement pas de scandales dont les tabloïds peuvent « faire du papier », et puis, surtout, un enthousiasme désintéressé, loin des préoccupations matérielles caractérisant trop d’actions dites sportives. Les « sportifs » corrompus: voilà qui fait baver la presse et la TV! Un exemple à étaler pour les lecteurs et auditeurs de tous niveaux! Mais des jeunes et moins jeunes qui s’adonnent à leur passion par « amour » et avec désintéressement? C’est probablement un mauvais exemple pour la mentalité développée et entretenue par la P.U.T.(*) de rigueur pour nos médias!

Des enthousiastes "ambassadeurs aux pieds marins"A Bruxelles, ces enthousiastes décriés se réunissent principalement au sein de l’association Bel-Yachting, dont le but principal est de permettre à des jeunes de tous milieux de naviguer et de participer à des épreuves de bons niveaux: Championnat de la Mer du Nord (B), Grand prix International de la Côte d’Opale (F) entre autres… avec, cerise sur le gâteau, le Tour de France à la Voile. Cette dernière épreuve est particulièrement intéressante, car elle impose aux équipages un monotype de voilier, et c’est donc principalement leur habileté qui devrait assurer leur succès. Principalement, parce que les moyens dont ils disposent peuvent singulièrement fausser ou influencer la donne… S’ils peuvent acheter leur bateau, ils sont à même de l’utiliser pour les entraînements durant toute la saison… sinon ils doivent le louer pour la compétition et pour un temps limité. Si leur budget est généreux, ils peuvent loger à l’hôtel et manger au restaurant, sinon c’est le « repos » sous la tente (quand un vent violent ne l’emporte pas…) et la popote camping…  C’est aussi la possibilité ou non d’emporter des voiles et accastillages de rechange, et j’en passe et des meilleures… Au classement des « sponsorisés », Bel-Yachting est en queue de peloton… Son animatrice, Mady Fobert, doit, chaque année, reprendre son bâton de pèlerin pour contacter autorités subsidiantes et mécènes privés et ce n’est pas souvent partie facile! Un changement de direction peu aussi parfois amener une « autre politique » de subside, avec des conséquences sérieuses. Car, contrairement à ce qui se fait chez nos voisins, tant du Nord que du Sud et de l’Est, il semble qu’il n’est pas possible chez nous d’obtenir un contrat de mécénat pour plusieurs saisons dans le domaine du nautisme… Autre coup dur, par exemple: alors que Bel-Yachting peut enfin – grâce à un généreux donateur – disposer en continu d’un Farr 30, les organisateurs du Tour décident de changer de monotype et d’adopter, à partir de 2011, l’Archambault 34, d’un prix astronomique! La présence de « Bruxelles-Capitale » au Tour de l’an dernier tint déjà du miracle… Cette année, elle fut à deux doigts de ne pouvoir être envisagée!

Il y a encore des miracles! Des petits sponsors ont fait preuve de générosité, les membres

Bertrand Pacé sera le skipper de « Région de Bruxelles-Capitale » pour son 20ème Tour!

ont cassé leurs tirelires, et « Région de Bruxelles-Capitale » sera présent pour sa vingtième participation du Tour! En plus, et ce n’est pas la moindre des nouvelles, Bertrand Pacé (6 participations à la Coupe de l’America, vainqueur du World Match Racing Tour, une victoire dans l’Admiral’s Cup et 8 victoires au Tour de France…) sera le skipper de nos « ambassadeurs aux pieds marins »! De quoi redonner du cœur au ventre aux équipiers bruxellois, et des regrets à ceux qui ont refusé de les soutenir.

Juin 21, 2012

(*) Pensée Unique Totalitaire contrôlant l’usage du L.P.C. ou Langage Politiquement Correct, en vigueur au sein de tous nos partis politiques, de « gauche » comme de « droite »…

Fête du Port de Bruxelles 2012

Non, je n’étais pas à la Fête du Port!

Pourquoi?

Parce que je n’y ai pas été invité!

Sic transit gloria mundi!

En fait, il semble que personne de la Presse n’ait été invité. Il y avait pourtant de la place pour tout le monde! Mais quand on apprend que la Ville de Bruxelles annule tous ses stages sportifs… on se pose des questions quant à savoir s’il s’agit de restrictions dues à « la crise », ou de dépenses inconsidérées ayant épuisé les budgets?

Mai 21, 2012

Les Pavillons « Meudon » sont-ils sauvés?

Peu de Bruxellois les connaissent, même si leur itinéraire de travail les mène par la chaussée de Vilvorde vers l’une des industries ou des bureaux de la « frontière » du Brabant flamand. Pourtant ils sont bien là depuis la fin du XVIIIème siècle! Mais ils sont petits, en très mauvais état, et ne rappellent plus rien de leur destination première. Ils étaient pourtant les « gardiens » de l’entrée du château de Meudon, lieu très connu et apprécié des bourgeois et aristocrates des dernières décennies de l’Ancien Régime. Suivant la destinée de beaucoup de souvenirs historiques, le château a été rasé en 1932, et seuls son parc et ses pavillons d’entrée ont été préservés. Je n’ai pas trouvé de gravure ou de photo de ce bâtiment, encore qu’il doit en exister quelque part, car il est impensable qu’il n’y eut personne pour l’immortaliser à la Belle Époque. Mais je poursuis mes recherches… J’ai par contre trouvé une photo de la Brasserie de la Marine, alors qu’elle occupait ce site en 1928. On distingue clairement les pavillons dans le coin inférieur gauche. Un peu plus haut, légèrement à droite, on distingue une maison en style « classique ». Résidence du directeur ou siège des bureaux? Serait-ce  ce qui survivait à ce moment de l’ancien château?

 

Comme je le disais, les pavillons ont survécu. Hélas, dans la débâcle de la Brasserie de la Marine, après sa reprise par Stella Artois, la propriété a été morcelée et les pavillons ont été partagés, l’un échéant heureusement à la Ville de Bruxelles, l’autre suivant divers propriétaires aux destins variables avant de pouvoir rejoindre enfin son jumeau. Cette séparation empêcha la réalisation de la décision de classement intervenue en 2003, faute d’avoir pu retrouver le propriétaire évanescent. Entretemps, inutile de dire que l’état des constructions était devenu catastrophique, le toit de l’une d’entre elle s’étant même effondré!

Aujourd’hui les choses sont claires: non seulement la Ville a pu prendre le contrôle de ces témoins du passé, mais le classement est en bonne voie, et aussi la restauration de l’ensemble, en même temps que celle de ce qui reste (7 ha quand même!) du « Parc de Meudon » à Neder-over-Heembeek. Ajoutons qu’ils devraient être intégrés au projet de réalisation d’un « terminal pour passagers » prévu par la Ville, la Région et le Port, mise en service espérée pour 2015. Croisons les doigts pour eux!

3 janvier 2012

A NOS POCHES !

Voilà, c’est fait: le tribunal a donné raison aux opposants et les travaux sont arrêtés avenue du Port! Les « associations » responsables crient bien haut victoire, soit parce qu’elles ne réalisent pas qu’elles ont été manipulées, soit parce qu’elles savaient très bien au profit de qui elles ont entrepris leur travail de sape et de désorganisation de la réhabilitation de la zone portuaire. Mais ce qui est plus dérangeant dans cette affaire, c’est que ce ne sont pas elles, mais TOUS les habitants de la Région qui subiront le coût de leur « victoire ». D’abord, en devant payer de rondelettes indemnités aux entrepreneurs, empêchés de poursuivre les travaux. La note devrait se chiffrer entre 3,5 et 5 millions d’euros. Pas mal pour une Région qui a déjà du mal à joindre les deux bouts, et doit solliciter l’aide des deux autres. Ensuite, en devant continuer à subir le mauvais état de la voirie pendant encore un ou deux ans, et même peut-être plus, car il faut introduire une nouvelle demande de permis de bâtir, et cette demande sera à nouveau combattue pied à pied par les mêmes associations pour les mêmes mauvaises raisons. Enfin, vu le temps qui passera et l’inéluctable aggravation de la situation, en payant probablement deux ou trois fois plus cher la nécessaire rénovation de l’avenue. Et cela ne sauvera même pas les arbres qui, entretemps, auront probablement été atteints par le champignon pathogène. On notera aussi que le Gouvernement bruxellois, qui avait bel et bien accepté ce projet, n’a rien fait de positif pour le défendre, laissant Brigitte Grouwels faire face seule aux détracteurs. On remarquera surtout que ce sont les membres francophones du Gouvernement, les représentants de l’Olivier, qui n’ont pas voulu assumer leur responsabilité censée être collégiale… De là à supposer, comme certains ne manquent pas de le faire, que l’action des « associations » aurait été « encouragée » par certains d’entre eux, pour leur permettre de « justifier » leur retrait et mettre en difficultés une ministre néerlandophone qui fait bien son travail, il n’y a qu’un pas… Un pas sur un chemin très dangereux dans le cadre des négociations fédérales actuelles!

Octobre 5 – 2011 AD


Nouvelle saga bruxelloise: l’avenue du Port!

L’avenue du Port n’a jamais été une « artère prestigieuse » au même sens que l’Allée Verte, dont elle était le pendant de l’autre côté du « nouveau » canal, comme essayent aujourd’hui de le faire croire certaines associations « urbanistiques ». C’était tout bonnement une voie de service pour la ville et la campagne afin d’accéder à l’Entrepôt Royal et aux bassins Vergote et Béco. Si elle était large, c’était pour y favoriser le trafic des charrettes et tombereaux, à une époque ou le « code de la route » n’était pas encore inventé et ou les charretiers appliquaient des idées aussi fixes que particulières à la direction de leurs attelages… Comme toutes les « avenues » de l’époque, elle fut plantée d’arbres, en l’occurrence des platanes, essence de deuxième choix pour voies « populaires ». Le temps a passé, les véhicules hippomobiles ont disparu, remplacés par de plus en plus « gros cubes ». Les pavés, eux, sont restés, de même que les platanes, abandonnés à leur sort. Les premiers se sont de plus en plus défoncés, à tel point que l’avenue devint un véritable champ d’expérimentation pour amortisseurs. C’était en tout cas mon cas, alors qu’en fin des années ’70  j’étais chargé de tester des véhicules 4×4 pour la revue « Ami »… Il n’y a guère, l’avenue fut entièrement défoncée pour installer un nouveau collecteur principal pour la station d’épuration Nord, ce qui a permis d’en réparer les plus importants dommages, mais aussi de constater que les platanes avaient développé des racines jusque sous le revêtement routier, et que celles-ci participaient allègrement à la dégradation générale.

On aurait pu, au moment de ces travaux, mettre en œuvre une rénovation générale de l’avenue, mais c’était sans doute trop demander à l’exécutif bruxellois de l’époque, qui se bornait à contempler l’Olivier qu’il venait de planter, oubliant qu’il faut quatre-vingt ans pour en espérer des fruits… Et puis, à ce moment, avait commencé le combat du BILC, et il n’était donc pas question de favoriser l’accès à celui-ci par des améliorations quelconques. Cependant la pression vint d’autres projets chimériques d’une partie de ce gouvernement (comme la piscine à ciel ouvert…) et de groupes comme Atenor. Un projet de rénovation est donc élaboré et accepté, avec plantation de nouveaux arbres – de sept ans d’âge – en trois variétés différentes, et un partage équitable des voies de circulation ( deux pour les véhicules « privés », deux pour les transports en commun, deux pour les cyclistes, et de nouveaux trottoirs plus larges). Cela limitait les possibilités d’accès au BILC, au cas où il ne serait pas possible d’en stopper la réalisation (Pour ceux qui s’intéressent à cette saga du BILC, je les invite à consulter les anciens numéros de « Tradition’s » où j’en ai débattu dans la rubrique Bruxelles-sur-Mer. J’y reviendrai peut-être un jour dans ces pages…). Ce projet du Port de Bruxelles avait été généré par l’ancien gouvernement (MR-PS), et devait donc être nullifié par le nouveau (PS-cdH-Ecolo), pour suivre la « logique » électoraliste belge… qui ne tient jamais compte de l’intérêt public! Entretemps des élections ont confirmé l’Olivier au gouvernement, affaiblissant légèrement le PS au profit d’Ecolo. Côté flamand, c’est Brigitte Grouwels qui « hérite » du Port (dont elle avait déjà la tutelle précédemment) et des Travaux Publics. Ecolo reste en charge de l’Environnement avec Evelyne Huytebroeck.

Si la première ne dérangeait pas la seconde, alors qu’elle n’était que Secrétaire d’Etat au Port, sa « montée » au rang de Ministre – et des travaux Publics! – la transforme en adversaire! En plus, Brigitte Grouwels a une réputation de « flamingante », entretenue par une presse gauchiste subventionnée, ce qui va aider à la desservir dans toutes ses initiatives, même les plus positives pour la Région. Car il est bien connu que tout fruit qui ne s’est pas développé sur l’Olivier n’est pas comestible! Or, comme je l’ai dit, il faut beaucoup de temps pour obtenir des fruits de cet arbre, et entretemps il ne produit rien! Ce qui est le cas de la partie francophone du Gouvernement bruxellois, et une des raisons pour lesquelles la NV-A , entre autre, refuse d’augmenter la dotation de la capitale. Mais pour en revenir à notre ministre, qui est incontestablement « flamande » et attachée à sa culture d’origine, elle n’est certainement pas anti-francophones, comme certaines citations tirées de leurs contextes ont pu le faire croire. Quant à la seconde, elle s’est fait particulièrement connaître par ses négligences, son incompréhension et son interprétation très personnelles des problèmes, et pour l’attitude pour le moins bizarre de son Cabinet dans le traitement de certains dossiers environnementaux… Bon, donc inutile de dire qu’il n’y a guère – pour ne pas dire « pas du tout » – d’atomes crochus entre ces deux ministres!

Ceci exposé, revenons à la situation surréaliste que nous connaissons dans le dossier de l’avenue du Port. Donc un projet a bel et bien été adopté par le Gouvernement bruxellois Olivier 1, et nous en sommes au moment de sa mise en œuvre. Mais voilà: entretemps le Gouvernement Olivier 2 a réussi à faire capoter la réalisation du BILC – ce qui a coûté plusieurs millions d’euros jetés à la poubelle par la Région, c.à.d. extraits de la poche de ses habitants, sans parler du coût des conséquences futures – et ce projet le dérange!  Les partis de cette coalition vont donc faire donner les mêmes associations « environnementales » pour en l’attaquer de toutes parts, avec des arguments tout-à-fait fantaisistes.

D’abord, on nous parle d’un « mouvement citoyen ». Soyons clair: il s’agit purement et simplement d’un mouvement tactique d’un groupe immobilier dans le cadre d’une action stratégique à long terme, et cela n’a rien à voir avec les citoyens qui, de toute façon, en finale payeront la note. Entretemps, si cela les amuse de manifester et d’être manipulés… c’est tout bénéfice pour les initiateurs du « mouvement »!

Ensuite on nous alerte, dans le cadre d’une considération communautaire, sur le fait que l’avenue du Port deviendrait, sous l’impulsion de Brigitte Grouwels, « un axe de pénétration pour les navetteurs flamands dans Bruxelles ».  Un « axe de pénétration », avec une bande de circulation dans chaque sens, cela me paraît un peu débile! Ajoutons à cela qu’il suffit de consulter une carte pour réaliser qu’il existe déjà des axes de pénétration bien plus intéressants pour les Flamands. Et enfin que la majorité d’entre eux utilisent le train, ce qui est beaucoup plus facile, et même gratuit pour les fonctionnaires!

Autre argument « de poids »: les pavés de porphyre de Quenast. C’est vrai, cette avenue est l’une des dernières pavées à Bruxelles! C’est vrai: on pourrait maintenir ce revêtement et le refaire tous les deux ou trois ans. Mais QUI va payer? Et QUI va le faire? Les spécialistes du pavement sont devenus aussi rares que chers, et je ne crois pas qu’il en reste suffisamment à Bruxelles, voire en Belgique, pour assumer un chantier de la taille de celui-là! A noter que ces pavés ne seront pas jetés, mais réutilisés à d’autres endroits ou revendus pour des chantiers de restaurations plus modestes. On nous parle aussi du transport des matériaux, « qui vont nécessiter des centaines de camions dans la ville ». Bidons et contre-vérités: les matériaux seront transportés par bateau via le canal et livrés pratiquement sur place, les déblais étant également enlevés par le même chemin. Les pavés de porphyre seront remplacés par un revêtement en « faux pavés », tel que celui réalisé à la rue du Luxembourg, lequel est prévu pour résister aux « poids lourds ».  Ses éléments ont été prévus de couleurs différentes, ce qui hérisse certains puristes, dans le but d’égayer un coin de la ville plutôt tristounet. Évidemment,  si ces « citoyens » préfèrent une ville triste…

Autre argument: les platanes. Remettons les pendules à l’heure: ces platanes n’étaient absolument pas prévus lors du percement de l’avenue du Port, à la fin du XIXème siècle, comme en témoigne une carte postale de la belle Epoque.

Ils n’ont été plantés qu’en 1927, et sont « vieux » mais pas « centenaires ».  Ils sont en plus ou moins bonne santé, d’autant qu’on ne s’en est jamais beaucoup occupé, la Ville n’ayant plus les moyens financiers correspondant à sa soif de gloriole. L’ennui c’est que cette santé se manifeste par le développement de racines de surface, et que celles-ci ont défoncé les trottoirs et soulevé le revêtement routier… Couper ces racines serait dangereux pour la santé de ces vieux arbres. Alors, que proposent les « citoyens »? On peut évidemment supprimer les trottoirs actuels – ou ce qui en reste – devenus annexes de plantation, et réduire la largeur destinée à la circulation! Bon: supprimons les bandes pour transports en commun ou interdisons le parking. La première idée va mécontenter les propriétaires, exploitants et usagers du site de Tours et Taxi et la STIB! La deuxième va enrager tous ceux qui travaillent dans les bureaux riverains ou habitent encore à l’extrémité nord. Mais nous avons alors assez de place pour  un nouveau profil.  Pour combien de temps? Car les racines vont poursuivre leur travail… et de toute façon, d’ici cinq ans, peut-être même avant, les arbre seront infectés par le ceratocystis fimbriata, un champignon pathogène du platane, importé de chez nos « amis » américains, qui envahi l’Europe par le sud, entraînant des abattages massifs. Bien sûr, nous pouvons tout garder dans l’état, ou faire une rénovation minimale. Mais combien de fois nous faudra-t-il, comme à la rue du Luxembourg, payer pour la rénovation de cette avenue et la conservation d’un « cadre » qui n’est pas original et qui, jusqu’à présent, n’a jamais intéressé personne?

Le dernier argument en date, et le plus lamentable, c’est le blocage du chantier pour le fait que l’installation d’une gaine de service et de protection SOUS la rue pour les câbles et tubes de transport d’énergies et de communication, « n’était pas prévue au permis de bâtir ». Nous avons déjà subit, dans ce pays, une avalanche de crétineries quant au « poildecutage » de certains fonctionnaires, mais ici nous dépassons les bornes! Si l’on devait écouter ces associations dites de « sauvegarde de l’urbanisme et de l’environnement » il faudrait donc, faute de quelques mots sur un document, enterrer ces câbles et tubes sans protection, ou arrêter le chantier et entreprendre une nouvelle, longue et coûteuse procédure, parce qu’entretemps le permis serait obsolète, et tout cela aux frais des contribuables: vous, moi, tous les Bruxellois. Et bien entendu, l’entrepreneur, lui, encaisserait les amendes dues aux retards de nature administrative! On retrouve ici les mêmes systèmes, de la part des mêmes associations, qui ont amené le coût de l’incinérateur de Neder-Over-Heembeek  à près du double de ce qui était prévu! Comme ce « crime » ne profite en rien aux Bruxellois, A QUI PROFITE-T-IL? Le plus grave, dans cette affaire, c’est que la Justice « indépendante » a pris parti et fait bloquer le chantier pour sanctionner une initiative positive, destinée à faciliter l’entretien et la conservation de modules de service public. Mais nous n’en sommes plus à une manifestation de surréalisme près dans ce pays!

Toutes ces initiatives sauveront peut-être temporairement les pavés et les platanes, mais le coût final de cette opération, c’est nous qui le payeront, et pas ceux qui l’ont générée… Et tout cela pour satisfaire à l’action stratégique évoquée au début de cet article. Une action qui n’est pas nouvelle, et qui est née avec la dissolution de la Société Anonyme du Canal et des Installations Maritimes de Bruxelles, remplacée par le Port de Bruxelles et Zeekannaal. L’idée est très claire et simple, basée sur l’évolution de la situation.  La « Société du Canal » était « nationale » et difficilement manipulable. Le Port de Bruxelles est régional, et entièrement contrôlé par l’autorité locale, majoritairement représentée par des politiciens de « deuxième division », mis à part quelques « têtes de série » comme Charles Picqué ou Jacques Simonet. C’est sous le premier exécutif PS-PSC que va se développer l’idée « géniale » pour remplir certaines poches: supprimer le port de Bruxelles et en rejeter tous les éléments au-delà du Pont Van Praet, et même plus loin si possible. Cela permettrait de récupérer des hectares de terrains à bâtir, pour y créer des projets aussi pharamineux que juteux pour leurs promoteurs. Par exemple, l’un d’entre eux prévoyait la construction sur le bassin Vergote d’une « cité lacustre » de grand luxe – en conservant un passage pour les péniches se dirigeant vers Charleroi – entourée d’une enceinte sécurisée, et réservée à des habitants fortunés. D’autres concernaient le site de Citroën, les entrepôts Delhaize et les sites commerciaux de la rive ouest du bassin Béco. Avec le retour aux affaires du PSC devenu cdH, et l’arrivée des Ecolos, ces derniers projets ont repris vigueur et ont presque atteint leurs buts:  si le garage Citroën a été sauvé par un classement in-extrémis du gouvernement MR-PS, Delhaize a fait place au projet du groupe Atenor de tour géante, et les entreprises commerciales du quai des Matériaux en ont été chassées pour faire place à une utopique « piscine à ciel ouvert », remplacée finalement par un « parc de divertissement ». Exit le bassin Béco de toute exploitation commerciale, sauf peut-être pour un bateau-hôtel et un autre abritant un cinéma, mais on n’en entend plus parler… Une grosse épine dans le pied des promoteurs était le projet du BILC porté par le Port de Bruxelles. Ce Brussels International Logistic Center risquait d’être un obstacle de taille à la « colonisation » du haut de l’avenue du Port. Rien ne sera épargné pour lui mettre des bâtons dans les roues et, finalement, l’Olivier 2 décidera de son abandon. Faut-il encore préciser que c’était un projet approuvé par le gouvernement MR-PS? Que deviendra ce terrain? Aucun doute: la Région va probablement se l’approprier, en échange de quelques hochets pour le Port, et y implantera du logement. La prochaine étape sera la suppression du Centre TIR, ce qui est clairement établi par le tracé d’une future ligne de tram à travers le site de son parking! D’ailleurs, près de la rue Tivoli, la Ministre Huytebroeck vient d’inaugurer un « quartier durable » construit sous son patronage… Le bassin Vergote sera sans doute la prochaine étape, mais les entreprises qui l’occupent seront nettement plus dures à délocaliser.   Notons aussi que les promesses de « compensations » pour le BILC, sur le site de Schaerbeek-Formation, fondent de plus en plus dans les brumes de l’oubli. L’endroit devrait déjà abriter une prison, et un stade de football… Et, cerise sur le gâteau, ce dernier devrait être implanté… sur le terrain occupé par la Capitainerie et le terminal à conteneurs, dont la Région vient de pré-financer la restauration de l’épi de chemin de fer pour la coquette somme de 10 millions d’euros! Une situation de rêve, au bord du Canal, sous les fumées de l’incinérateur! Un choix particulièrement écologique! Que personne, dans les services concernés, n’ait cru devoir signaler ces faits au consultant grassement payé démontre, si besoin en est, que pour l’administration bruxelloise, le port n’existe plus! En tout cas, si la coalition francophone reste encore longtemps en place au gouvernement régional, le sort du port est pratiquement réglé. Son président, Charles Jonet, Ecolo, vient de démissionner. Serait-ce parce qu’il a considéré incompatibles l’exercice honnête de sa fonction, au service et dans l’intérêt du public et de TOUS les Bruxellois, et les ordres qu’il aurait reçus de son parti quant aux décisions qu’il devrait prendre? Nous le découvrirons très bientôt!

Septembre, 18 – 2011 AD